CERCLE DE LECTURE DU MARDI 06 OCTOBRE 2026

ANISSIMOV Myriam «Jean et Romain» Éditions Grasset, août 2026, 296 p.

Jean Seberg et Romain Gary, le destin tragique d’un couple légendaire. Elle, découverte à 17 ans par Otto Preminger pour « Sainte Jeanne », icône de la Nouvelle Vague, star hollywoodienne, militante passionnée, lui résistant gaulliste, écrivain célèbre des années 60. Du début de leur rencontre à Los Angeles, en passant par leur mariage en Corse, leur vie mondaine, luxueuse, les engagements politiques de l’actrice auprès des Black Panthers et les attaques du FBI qui s’ensuivent, de leur passé familial douloureux (une famille américaine puritaine d’un côté, une mère adorée et une famille juive exterminée de l’autre), de leurs démons intérieurs (l’alcoolisme, la nymphomanie, la folie pour Seberg, la bipolarité pour Gary), jusqu’à leurs morts mystérieuses.

BESSON, Philippe – «La première phrase du premier livre » – Ed Julliard-08/26–239p.

L’auteur se souvient que chaque écrivain a écrit son premier livre et essaie de s’en souvenir. Il revisite alors trois décennies – des années 1970 aux années 1990, et raconte son parcours tout en se repérant sur les faits marquants de cette époque. Il eut une enfance rurale protégée, père directeur d’école, mère clerc de notaire, un frère aîné. Tout est réglé depuis les vacances dans le même camping et visites aux grands parents. Une adolescence rêveuse où se dessine déjà son orientation sexuelle. Il part à Paris faire Prépa, HEC et découvre le monde du travail. L’épidémie de sida le confronte brutalement à la mort de ses proches, la peur qu’engendre la guerre froide, de l’arrivée prochaine de l’an 2000. Il découvre aussi ce qui sera sa passion : le goût des voyages, accompagné par différents compagnons.

BOYD William «Gabriel’s moon», trad. de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Perrin, Seuil, 9/25, 354 p.

Au centre de ce roman très « télévisuel », un personnage tout à fait original. Né en 1930, Gabriel Dax est journaliste écrivant des récits de voyage et aspirant écrivain que les circonstances amèneront à travailler pour le renseignement britannique. Dans les années 1960-63, sa position deviendra de plus en plus délicate : simple coursier dans le cadre de missions secrètes beaucoup plus larges, avec le temps il se prendra au jeu

et se mettra à agir en vrai espion double, mais cela causera des tensions au niveau international ! Tourmenté par son passé, il consultera une psychanalyste, et – pour ne rien arranger à sa situation professionnelle – il sera irrésistiblement attiré par Faith Green, la même agente secrète de laquelle il reçoit les ordres… On ne s’y ennuie pas.

COMPAGNON Antoine–«PARTIR»–EdGallimard-155p.

L’auteur est professeur au Collège de France et relate ici les derniers jours de sa femme, Patrizia. C’est curieux de pouvoir relater des circonstances intimes, et on sort gêné de ce qu’on suppose « intimes ».

CUMMINS Jeanine «Parle-moi de chez nous». Traduit de l’américain par Christine Auché. Philippe Rey. 516 p.

Nous connaissons Jeanine Cummins depuis American Dirt. Elle nous a habitués à la belle qualité de son écriture. A travers 4 générations de femme, Mamamía, Rafael, Ruth, Daisy, l’auteur nous happe dans l’exil consenti ou non, dans la mémoire et la quête d’identité. Superbe saga au souffle épique présent avec des personnages très attachants, leurs forces et leurs faiblesses.

HELLER Peter « Burn» Ed. Actes Sud, trad. de l’amér. Par Céline Leroy,312p.

Lorsque Jess et Storey, qui se connaissent depuis l’enfance, ressortent des forêts du Maine où ils ont passé deux semaines à chasser, ils découvrent, terrifiés, des maisons incendiées, des corps calcinés. Aucun réseau téléphonique. Que s’est-il passé ? Une guerre civile aurait-elle éclatée ? Ils seront bientôt pris pour cible par des tireurs mais sauveront une petite fille. Bouleversantthriller contemplatifimprégnédelabeautédumonde.

KATTAN Karim «Septentrionale» Ed. Elyzad 

Dans un pays en proie à l’apocalypse, une femme, Maryam, en fuite au volant de sa voiture, va prendre en stop plusieurs personnes. Ils traverseront un territoire au milieu des explosions et feront de mystérieuses rencontres. Sous l’Etoile du Nord, la Septentrionale.

LANDON Emmelene « AMPHIBIENNE » EDITIONS DU SOUS-SOL

septembre 2026, 157 p.

EMMIE est peintre, elle rencontre par hasard lors d’un voyage à NOUMEA, PHUONG, professeur de français. Chacune découvre la vie et la famille de l’autre et une profonde amitié lie les deux femmes. Lorsqu’ EMMIE rentre à PARIS elles entretiennent une relation épistolaire. Bien que PHUONG nage comme un poisson, elle est attaquée par un requin, qui la laisse profondément mutilée. PHUONG connaitra la dure réalité des opérations,

les souffrances physiques et morales, mais elle se relèvera. L’auteur évoque la NOUVELLE CALEDONIE, l’écologie, la géographie, les problèmes politiques et bien sur l’amitié. Si l’écriture est agréable, l’auteur part dans tous les sens, si bien qu’on se demande parfois si on lit un roman, ou un traité de géographie. Je ne conseille pas l’achat de ce roman pour la bibliothèque. Niveau1.

LITing«Deuxpetitesmontagnes»Ed.Piquier.

Une mère chinoise rend visite à sa fille mariée à un Japonais. Elle est sur le point d’accoucher. Entre elles des années de silence, de non-dits et d’incompréhension. L’une tente d’échapper à un amour maternel étouffant. L’autre ne sait qu’aimer avec excès. Leurs vies sont devenues très différentes. Mais la maternité les rapprochera.

LLOBET Anaïs : «Ceux qui nous frappent». Éditions Les Leonides, août 2026 ; 384 p.

Tribunal de Rennes : Charles Levain, bourgeois parisien co-fondateur d’une start-up, est accusé d’avoir poussé au suicide sa compagne Sara Messina, célèbre ancienne boxeuse. Tous les proches et du prévenu (le très chic milieu culturel germanopratin) et de la victime (le milieu populaire de Boulogne-Billancourt) se retrouvent avec des experts, des policiers, des témoins, des journalistes, des militantes féministes, dans une salle d’audience pour juger ce cas de « suicide forcé « . Sara, à la fois forte, dure et soumise est championne de boxe, exclue du milieu pour ne pas en avoir respecté les règles), La difficulté de juger les violences conjugales « invisibles » (harcèlement moral), de trouver » La Vérité » parmi une multitude d’informations, de points de vue, de versions et de juger un homme quand sa « victime » a choisi librement de mourir. Romanambitieux,glaçantsur lesrapportsdeclasse,laviolence,lajusticeetlavengeance.

MATSUI Masashi «La maison d’été », trad. du japonais par Déborah Pierret Watanabe, Éditions du sous-sol, 8/26, 447 p.

Le jeune narrateur (23 ans) a la chance inespérée de rejoindre le cabinet du célèbre architecte Shunsuke Murai… Parsemé de réflexions propres au monde d’architecture, le texte est enrichi de descriptions de paysage autour de la maison de montagne qui accueille les réunions de travail visant à préparer le projet qui devra concourir pour la construction de la Bibliothèque moderne. Le lecteur – au lieu d’être dépaysé par la vision du volcan surplombant la maison ou par la magie de l’étang aux lucioles – évolue sans cesse entre considérations architectoniques d’un côté, et les considérations météorologiques de l’autre, suivies d’innombrables noms d’oiseaux, d’arbres et plantes.

NOTHOMB Amélie. «L’adolescence du perroquet ».Amélie Nothomb.AlbinMichel.160p.

C’est le 35éme roman d’Amélie Nothomb. J’ai lu ce livre comme une fable : relation « parentale  » entre Alban, 40 ans, célibataire, chroniqueur radio, amoureux du Louvre, et un perroquet gris du Gabon dont le commerce est interdit. Pour les inconditionnels (et ils sont très nombreux !) d’Amélie Nothomb.

PEREZ Roland «Le goût du possible».Ed Charleston. 226 p.

Auteur, entre autres de « ma mère, Dieu et Sylvie Vartan » devenu un film charmant. Louise avait tout, en apparence, pour être heureuse. Elle incarnait le bonheur : mariée, 3 enfants, famille solide. Un soir, elle se prépare pour aller à un ixième dîner mondain avec son mari, en petite robe noire, « élégante, efficace. Le tissu, caressant la peau, tombait droit – ni trop moulant, ni trop ample – l’exacte frontière entre la discrétion et la disparition «. Et ce soir-là, alors qu’une personne lui demande :  » et vous Louise, que faites-vous ? », sa réponse est simple : « je vais reprendre des études de médecine « .

PICHAT Bérénice «Un marché noir», Les Avrils, 8/26, 274 p.

L’auteure sait efficacement dépeindre les rapports humains ainsi qu’une époque, avec l’atmosphère qui règne dans un certain endroit. C’est comme on y était, à Paris sous l’occupation (1941-44) : entre pénurie, couvre-feu et premières dénonciations, on s’arme de nos tickets de rationnement et on fait la queue, tout comme Servane Monnier ; on court s’abriter au premier son de l’alerte aérienne… Servane est une jeune femme qui ne veut pas rester les bras croisés, elle veut agir pour la bonne cause, elle entrera donc dans un réseau clandestin. Dans ce nouvel entourage, elle idéalise un de ses compagnons… Et, comme dans la famille de Servane on ne se parlait pas trop, la situation va déraper. Qui en sortira indemne ? Histoire humaine, fin romanesque.

TRASKMAN, Caleb – « LA ROUTE DU DIABLE » ED STYX – 08/26 –

266p.

Taïga Nord-américaine, été 2017 – ABIGAEL se dirige vers la fameuse « route du Diable ». Un an plus tôt, c’est sur cette voie isolée longue de 666 kilomètres que sa fille IRIS et son petit ami MATHIS ont cessé de donner signe de vie. Accompagné du père de MATHIS et de deux influenceurs en quête de sensations fortes, elle se lance sur la route en vue d’accomplir le même trajet qu’eux, et d’obtenir des réponses. Coupé du monde, sans possibilité de rationnement, dans un univers atroce, que peut-on devenir et peut-être découvrir que le surnom de cette route n’est pas dû qu’à son kilométrage.

TONQUEDEC Guillaume de « Ta mère et moi» Stock, 9/2026, 171p.

L’auteur nous dit : « Je suis né d’un coup de foudre. Quelques années plus tard, à 40 ans, ma mère est diagnostiquée souffrante d’une sclérose en plaques. Mon père devient, bien malgré lui,son aidant. Moi j’assiste impuissant à leur chute. C’est avant tout la plus belle histoire d’amour qu’il m’ait été donné de voir que j’ai voulu raconter ». Très jolie photo des parents de l’auteur en jeunes mariés sur la jaquette.