ROMANS

BARATTE Lucie « CHIEN NOIR » Soleil Noir Marseille. Mai 26. 186 p.

Une jeune princesse est mariée à un homme cruel le Roi Barbiche…. On pense bien sûr à Barbe bleue, à Peau d’âne, à la Belle et la Bête… Mais, ici, tout est plus noir, plus cruel, on s’amuse à se faire peur, c’est un régal de lecture, mais à ne pas mettre entre les mains des enfants !

BUCK Vera « UN SOMBRE ETE » Gallmeister, traduit de l’Allemand, Août 26, 423 p.

Ilda vient d’acheter pour 1 euro une maison dans un village des montagnes sardes à charge de la restaurer. Mais pourquoi ces taches sombres sur le plancher ? Pourquoi ces impacts de balles sur les murs ? Que s’est-il passé là l’été 1982 ? Elle apprendra à ses dépens que la tradition des enlèvements contre rançon n’est pas éteinte.

CAMPBELL N J « LE SEUL LIEN » Le Gospel, traduit de l’Anglais, Août 26, 144 p.

Trois cassettes sont envoyées à une universitaire ; c’est le récit d’un journaliste globetrotter qui, depuis qu’il ne sait pas s’il a rêvé ou vécu une chasse au serpent géant dans les bayous, s’emploie à rechercher à travers le monde « la cité des rêves » et ne la trouve pas. Mais ne sommes-nous pas nous-mêmes le rêve et le rêveur ?

CHENG François « On aurait pu se rencontrer ». Albin Michel. 168

Une pure merveille. François Cheng nous entraîne dans un monde de culture, de poésie, nous accompagnant dans une perpétuelle redécouverte de celle de Victor Hugo, mais aussi dans sa vie personnelle nous racontant les dernières années douloureuses auprès de son épouse. Un testament ? Est-ce un livre de bibliothèque ? Je dirais plutôt un livre « de table de nuit », celui que l’on prend et reprend au gré de ses sentiments.

DESCOTES Alexandrine « Le Nénuphar ». Le bruit du monde. 08/2026. 187p.

Ce livre est le 1er de cette autrice née en 1989. Le Nénuphar, c’est le nom empli de poésie

qu’Alexandrine Descotes donne à la malformation avec laquelle son père est né. Ce handicap grave impliquant une vie au pronostic vital pas très élevé est peut-être en relation avec un médicament que beaucoup de femmes enceintes ont pris de 1950 à 1980 : le Distilbène. Ce livre n’est pas un roman. C’est le récit empreint d’une belle pudeur d’une enquête familiale.

DEVILLERS Sonia « Le Fabuleux Piano ». Robert Laffont (collection Pavillons). 274 p.

Ce fabuleux piano a été créé par un célèbre facteur, la famille Erard, installé à Paris depuis plus de 2 siècles et acheté à la fin du XIXème siècle par monsieur Enoch, éditeur de musique. Ce piano trône fièrement dans leur salon. Lors de la dernière guerre mondiale, les nazis tentent de piller la France de ses œuvres d’art y compris de tous ses instruments de musique. En 1943, de nombreux trains partent en Allemagne remplis de pianos. Dans une magistrale enquête, Sonia Devillers retrace l’histoire de cette famille Enoch et à travers elle la vie culturelle de 1880 à 1960. Comme le dit l’autrice :  » plus j’avance dans cette enquête, plus je comprends que la Shoah n’est pas seulement une question de mise à mort ».

GODARD Anne « Nous aussi » Actes Sud, 8/2026, 237 p.

Curieux roman dont toutes les phrases commencent par des « on ». On fait partie d’une grande famille. On sait qu’on est privilégiés. On vit ensemble dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l’été dans notre maison à la montagne, on est les corps indissociables du grand corps familial…dont jouissent abondamment et avec frénésie aïeuls, oncles et cousins …Une famille issue de la très haute bourgeoisie catholique et lettrée du Vème arr. de Paris.

GUSTAWSON Johana « ICI TOUT LE MONDE MENT ». CALMANN

LEVY du Norvégien traduit en Anglais ! Mars 26, 536 p.

Deux adolescentes préparaient pour le lendemain la fête d’Halloween, on les retrouve ligotées et égorgées ! Tout accuse le jeune Josper ! Il leur a livré de la drogue avant de revenir chez lui couvert de sang ! Mais Karin, la brillante spécialiste du langage corporel est persuadée de son innocence : le corps ne ment pas !

HAENEL Yannick « La Solitude des professeurs est infinie » Gallimard, 8/2026, 313p.

Jean DEICHEL, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. Il loge dans un Club de tennis à Deuil-la-Barre. Le jour il découvre les difficultés du métier, les joies et la violence de l’Enseignement.

HASSAINE Liliane « JE » Gallimard Août 26. 250 p.

Une femme maltraitée, prisonnière dans un sombre château du Yorkshire écrit à son enfant dont on l’a dépossédée…Une relecture du roman de Charlotte Brontee « Jane Eire : et si la femme du grenier n’était pas une folle incendiaire mais une victime ? et si Rochester qui l’a épousée à la Jamaïque n’était pas un héros romantique mais un pervers narcissique ? Un récit glaçant et passionnant à la fois.

HASSAINE Lilia « Je » Gallimard, 8/2026, 248p.

Ile de la Jamaïque, 1831, Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s’éprend d’Edward Rochester, anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent des scènes vénéneuses qui vont livrer la jeune femme à son bourreau. Entre roman victorien et thriller contemporain. Inspiré du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre. L’auteur a écrit Panorama, 2023, Prix Renaudot des Lycéens.

JAENADA Philippe « L’INCONNUE DU QUAI DE JAVEL ».

Flammarion, Août 26, 528 p.

« LA DESINVOLTURE EST UNE BIEN BELLE CHOSE » et là je suis morte d’ennui ! Selon sa méthode, l’auteur trouve son inspiration sur un fait divers du passé : là, en 1949, une femme de 29 ans est trouvée morte, revêtue à la hâte sans chaussures ni sac à mains. Il s’agit de Louise Cansot mannequin et modèle pour les peintres de Montparnasse…L’auteur enquête à la manière de Maigret, son idole. Mais l’enquête est interminable, répétitive…

JONCOUR Serge « Une Histoire d’amour » A. Michel, 8/2026, 375p.

Franck et Léa viennent de s’installer dans un hameau aux confins du Morvan. Ils font la connaissance de Joss et Kelly, jeune femme lumineuse qui fascine Franck. Tandis que Léa fait des allers-retours sur Paris, pour son métier, Franck se prendra de passion pour la mystérieuse Chapelle des Amants et n’aura de cesse d’en percer les secrets avec Kelly. En alternance surgit au 19ème siècle l’histoire d’amour de Joséphine, aristocrate malade des fièvres des marais et de Rodolphe, officier de santé. Amour, superstitions et malaria. Beau livre.

KASISCHKE, Laura : « Baignade surveillée », traduit de l’anglais (États-Unis), Editions Gallimard, août 2026. 320 p.

16 juillet 1969, toute l’Amérique se passionne pour le premier vol d’Apollo 11 qui doit voir ses astronautes marcher sur la lune. Mais dans la petite ville de Mission Hills dans le Michigan, une autre histoire plus tragique s’écrit : un après-midi à la chaleur écrasante, le petit Richie 5 ans, se noie dans la piscine municipale malgré la surveillance de la belle et mystérieuse maître-nageuse. Que s’est-il passé ? Comment va réagir cette petite communauté privilégiée dans une Amérique au tournant de son histoire ? Dans ce roman passionnant, à la narration morcelée, le récit avance tantôt à rebours, tantôt en se projetant dans le futur, changeant de temporalité, passant d’un personnage à l’autre et multipliant les angles de vue. Kasischke revient plusieurs fois sur les mêmes événements mais en changeant toujours le point de vue. Un sentiment de malaise parcourt ce roman, la chaleur étouffante, la foule, l’excitation de cette journée exceptionnelle, le contraste entre un évènement historique et un drame » minuscule « qui va faire basculer la vie d’une famille. Cette narration fragmentée, ce sentiment de malaise, cette tension sourde, créent une sensation de vertige. Que s’est-il passé et comment cela a t- il pu se passer ? La tragédie va se propager, troubler les consciences, faire vaciller les certitudes, bouleverser une famille et révéler d’autres drames cachés. Ce roman dissèque les comportements humains, la culpabilité des uns, le déni des autres, les jugements aléatoires et la terrible mécanique du hasard qui fait qu’une succession de circonstances conduit à un drame. Magnifique roman inquiétant, étrange sur le deuil, la culpabilité, la fragilité des existences, les douleurs de l’adolescence.

KENNEDY Douglas – « L’homme qui n’avait pas assez d’une vie » – Ed Belfond -05/26- 347 p.

Depuis le décès brutal de son épouse, Andrew TARBELL aimerait se rapprocher de son fils JACK, avec qui il entretient une relation difficile. Celui-ci commence une carrière de journaliste dont son père suit assidûment les publications. Or JACK à la bonne idée de fouiner dans une affaire de plagiat qui fait les gros titres de Hollywood. Le nom du coupable du plagiat : Adam BRADFORD. Pour Andrew c’est l’estocade car Adam est le fils qu’il a abandonné quand il se nommait Ben BRADFORD. Que va donner la vérité ? Va-t-elle remonter à la surface brisant sa vie et tous ceux qu’il croyait protéger ? Bien sûr la course poursuite où nous entraîne l’auteur est intéressante mais pas passionnante, brisée par des longueurs.

KERNINON Julia « La Dernière des Wilberforce » Ed. L’Iconoclaste, 2026, 278p.

Waldo accepte à contrecœur de se rendre à la fête que sa mère, autrice à succès, organise sur la presqu’île, au milieu des dunes. Chaque été, depuis l’enfance, Waldo et son frère Adam y retrouvaient les sœurs Wilberforce : Annabel, la cheffe de bande et Olivia plus secrète. Dix ans ont passé et la fête va se transformer en un théâtre de révélations ou chacun devra regarder en face ce qu’il a ignoré ou tu.

Roman tempétueux, par l’auteur de Live Maria.

LEMIRE, Romain – « CLEMENT » Ed CHERCHE MIDI- 04/26 -394 p.

L’auteur décrit en fait son enfance, ses rapports avec son père qu’on apprend bientôt incestueux. Très pénible car la vie de famille semble normale, vacances à la mer, visites aux grands parents adorables, alors quelque chose semble clocher … Ce père si attentif, si attachant, vous saurez vite pourquoi le doute plane. Un livre qu’on devine une autobiographie, très narratif, sur un père dont on connaitra bientôt certaines facettes.

Mc CANN – Diane FOLEY- « American mother » -Ed Belfond-192p.

L’auteur a été confronté à Diane FOLEY. Jour après jour, il l’accompagne au procès des bourreaux de Daech, et a vu cette mère exceptionnelle puiser dans sa foi la force d’affronter notamment celui qui tortura et donna la mort à son fils, d’une manière abominable. Personnellement ce livre m’a fait bondir de par l’attitude de cette mère qui est pleine de compassion … pour ce tortionnaire. Lisez le livre et sa fin vous laissera pantois …

NOTHOMB, Amélie – « L’Impossible retour » – Ed Albin Michel-05/24-158 p.

L’humour et l’autodérision n’ont pas quitté l’auteur ! Celle-ci se voit proposer par sa meilleure amie de partir avec elle au Japon, grâce à un voyage gagné. Cette amie l’a persuadé de partir avec elle qui aime tant ce pays et en maîtrise à peu près la langue. Un voyage décrivant aussi bien les habitants que leurs mœurs, leurs habitudes et surtout les paysages, les pagodes que nos deux voyageuses adorent et devant lesquels elles se pâment ! Bref, nous n’avons qu’une envie, partir comme elles ! A acheter, facile à lire, drôle par moments et plein bien sûr de la nostalgie particulière toujours à l’auteur !

O’CONNOR Joseph « INISHOWEN » RIVAGES POCHE, traduit de

l’Anglais. 650 p.

Ellen, mariée à un richissime chirurgien américain s’enfuit en Irlande pour rechercher sa véritable mère quand elle apprend qu’elle n’a plus que quelques mois à vivre. A Dublin elle fait la connaissance du policier Martin, un autre cabossé de la vie (enfant mort, divorce, carrière brisée, alcool, déprime) ; tous les deux décident de partir dans le nord de l’île, lui pour s’incliner devant la tombe de son fils, elle pour retrouver sa mère, l’amour nait entre eux…Livre d’un très célèbre auteur irlandais traduit dans le monde entier.

ORELIEN, Thélyson – « C’était ça ou mourir » – Ed GRASSET – 08/26- 277 p.

Ce n’est pas un roman autobiographique comme nous prévient l’auteur mais le témoignage de nombreux migrants. Celui-ci est haïtien mais vit à OTTAWA. Son héros c’est JONAS qui fuit sa terre natale en feu. Il va eessayer de gagner le Québec

avec pour seul bien un sac en plastique contenant « une photo de sa mère, un livre de René Depestre et un caleçon propre » ! De la République Dominicaine à l’Amérique, il franchit les frontières dans un bus surchauffé ou affrontant la jungle du Derieu. A chaque étape de nouveaux visages surgissent, des corps tombent, mais aussi beaucoup de solidarités diverses. Avec toujours un quignon de sec et de l’eau croupie. C’est un exode raconté dans une langue magnifique (l’auteur était professeur) et de poésie, mais aussi d’humour.

OVALDE, Véronique- « Vivre sans bonheur et n’en point dépérir », Ed Flammarion- 08/26- 198 p.

Pour la première fois, OVALDE s’aventure dans la biographie pour faire le portrait de sa mère mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, charmant et inventif. Elle découvre une femme à la bonté rare et dont le renoncement permanent la fascine. Un père, fielleux, battant sa femme, terrorisant ses trois filles, et pourtant celles-ci n’auraient-elles pas le désir enfoui de lui ressembler ? Un portrait de femme qui frappe par son indulgence et sa tendresse.

PASCAL Camille « LE BAL DES FOUDROYES » ROBERT LAFFONT,

Août 26, 280 p.

L’auteur se veut à la fois historien et romancier, le résultat est intéressant mais parfois un peu ennuyeux (le Cardinal Mazarin n’en finit plus de mourir, Février-Mars 1661) mais le reste est passionnant : le secrétaire d’Etat aux finances Nicolas Fouquet pense que le jeune Louis XIV (22 ans) se soucie plus de femmes et de danse que de l’Etat. Et le laissera prendre de plus en plus de place en politique : il l’invite ainsi que la cour à une fête éblouissante dans son nouveau château de Vaux le Vicomte sans se douter qu’il vient de signer sa perte.

PULIXI, Piergiorgio – « La Librairie des chats noirs » Ed Gallmeister-09/24-280 p.

Comment un petit libraire de CAGLIARI, spécialiste de romans policiers, va aider la police à démasquer un tueur en série particulièrement inventif. Vous le saurez en dégustant ce petit chef d’œuvre sans prétention.

ROEMMERS, A.G. – « LE MYSTERE DU DERNIER STRADIVARIUS » Ed

METAILLE- 317 p.

En 1737, le prodigieux luthier italien Antonio STRADIVARIO, signe de son sang son dernier violon, lui souhaitant un prodigieux destin. Nous essaierons de suivre la trace de chef d’œuvre mais malheureusement impossible de s’intéresser à la suite …

SORMAN, Joy – « La vie brute » Ed Flammarion -08/26 – 180 p.

L’auteur précise dès le début qu’elle cherche à s’éloigner de « son terrain » pour trouver d’autres histoires. Elle va donc passer une année aux côtés d’Irène GERARD. Celle-ci est prise en charge par l’Atelier « S » en WALLONIE. A la manière de DUBUFFET elle va copier et interpréter aussi bien un VELASQUEZ qu’une madone de BOTICELLI ou Tintin et Milou à sa manière… L’auteur adore ces représentations très kitsch, cet art brut qu’il faut aimer.

THILLIEZ Franck « L’AUTRE MOI ». Flammarion Avril 26, 22,90 euros, 449 p.

Lors d’un accident Sybil a perdu son petit garçon et a eu le visage ravagé au point qu’elle a dû subir une chirurgie totale de visage. Elle doit suivre son mari ingénieur dans un mystérieux laboratoire perdu au fond des Alpes avec l’obligation de ne pas en sortir pendant un an ! Chaque geste de chacun est surveillé ! Elle se joint à 3 autres « conjoints » pour comprendre à quoi se livrent les savants. D’autre part, dans la même région deux policiers sont confrontés à une affaire terrible : deux cadavres féminins énucléés et au visage ravagé. Quel est le lien entre les deux affaires ?

S.F. GRIMBERT Sybille « La Grande interruption » Le Seuil, 8/2026.

Le roman se déroule dans un monde parvenu au stade suprême de l’intelligence artificielle crée par une seconde espèce humaine ayant la forme de boîtes qui parlent et comprennent toutes les langues du monde ! Et dont les batteries durent un siècle « Je suis un produit manufacturé et aussi un être social ! » dit l’une d’elles ! Etrange roman de science-fiction postapocalyptique.