BORDENAVE, Laurane- « DONUT GIRL » Ed les ESCALES. 04/26. 211 p.
Connaissez-vous l’impressionnant cimetière américain de COLLEVILLE près d’OMAHA BEACH en Normandie ? Là sont enterrés 8.000 soldats morts lors du débarquement de Juin 1944. L’auteur en le visitant trouve en se renseignant, le nom de 4 femmes infirmières. Immédiatement, après beaucoup de renseignements, elle apprend que celles-ci, américaines, furent envoyées à Londres pour soutenir le moral des troupes américaines. L’une d’elles, Jane, fait l’objet de ce roman. Avec ses consoeurs, elles se mettent à confectionner des « donuts », ces beignets bien gras, qui font le régal des soldats ! En pleine guerre, au coeur d’un Londre ravagé par les bombardements, Jane tissera des liens d’amitié et connaîtra le grand amour jusqu’en France ! Sera apprécié par toutes les lectrices !
CASSANO Erica « LA GRANDE SOIF ». Lattes. Langue italienne Avril 26.
Naples 1943 le bombardement de l’aqueduc prive le quartier d’eau sauf dans la famille d’Anne. Lors du débarquement des Américains la jeune fille surmontant ses craintes et ses préjugés, accepte un travail de secrétaire dans la base pour faire vivre sa famille. Un soldat tombe amoureux d’elle, elle hésite entre un horizon américain et son enracinement dans la ville de Naples.
CARLIER Stéphane « Ce qui est arrivé à la célèbre actrice blonde », Le Tripode, 4/26, 168 p.
Livre léger autour de la question d’identité. L’actrice blonde icône du cinéma français un jour n’est plus reconnue par sa femme de ménage ni les passants, ni son agente ni sa propre fille – bienvenue galères ! Heureusement c’est une femme de ressources qui affronte courageusement tous les pièges de la vie anonyme qu’elle vient de découvrir pour la première fois. L’auteur gère brillamment son jeu entre deux personnes qui prennent l’apparence l’une de l’autre, et le lecteur s’amuse car c’est drôle et intelligent.
DAENINCKX Didier- « LES MAISONS PARACHUTEES ». Ed Gallimard 03/26. 236p.
En 1952, à Nevers, l’Inspecteur ORBEC est chargé d’une enquête qui concerne trois cadavres retrouvés dans un chantier de reconstruction. ORBEC est fils d’un policier injustement abattu par la Résistance, accusé d’être un « collabo ». Son enquête le mène jusqu’à un camp d’extermination. Là trois hommes, faussaires de talent, fabriquaient de faux billets américains et anglais. La suite de l’histoire est si compliquée que je n’ai pu décemment suivre le fil de ce roman par ailleurs semblant très documenté sur des opérations sur de pseudos résistants ramassant des fortunes leur permettant de bâtir des maisons parachutées.
DEL ARBOL Victor « Le temps des bêtes féroces », trad. de l’espagnol par Alexandra Carrasco, Actes Sud, 03/26, 394 p.
Mai 2008, sur l’île volcanique de Lanzarote aux Canaries, une jeune fille VESNA pédale allégrement pour rentrer chez elle après sa journée de travail à l’hôtel, lorsque brusquement une voiture arrive à très vive allure, tous feux éteints et la percute violemment. Elle chute au fond d’un ravin où elle est laissée pour morte. Le chauffard ne se préoccupe pas d’elle, mais vole son sac et fuit. Une enquête de police est diligentée et c’est le sous-inspecteur Soria exilé sur cette île suite à une vilaine affaire à Barcelone, qui en est chargé. Il veut la vérité. Au fur et à mesure de ses investigations et après avoir découvert le vrai nom de Vesna, Soria relie cet accident à des faits qui se sont déroulés il y a longtemps en Bosnie. L’appartement de Vesna a d’ailleurs été bizarrement cambriolé… Qui cherche quoi ??? Parallèlement à ces faits arrivés à Lanzarote, un narrateur anonyme prend la parole. Il se cache à Cubagua, une île au Vénézuela où il se croit à l’abri de son passé mais il est trahi et doit payer sa dette. L’enquête va dévoiler des liens avec de nombreux pays – Mexique, Texas et la Bosnie – et de nombreux antagonistes, tous plus dangereux les uns que les autres. Comme à son habitude, Victor del Arbol aborde ici l’extrême violence et le cynisme de certains humains qui du fait de leur puissance, leurs désirs inavoués, leur corruption, leur richesse, leur arrogance se croient au-dessus des lois et autorisés à satisfaire toutes leurs envies. Ce roman est le 2e opus d’une trilogie dont le 1er est « Personne sur cette terre » (à lire de préférence avant celui-ci pour la compréhension des personnages).
DIEUDONNE Adeline « DANS LA JUNGLE » Ed l’ICONOCLASTE. 0/26- 430 p.
Une jolie villa dans le Brabant wallon, l’été à la mer, l’hiver le ski, 2enfants, Amélie et Arnaud se sont construit une vie très agréable. Leur famille respective très affectueuse, des amis en pagaille, tout devrait être parfait. Oui mais voilà Arnaud est jaloux, maladivement, insidieusement d’abord. Mais la violence va enflammer leur relation, et amener le récit final que je vous laisse le soin de découvrir. Un roman qui dit des choses vraies sur les mécanismes de l’emprise, de la domination d’un être sur un autre. Un peu de longueurs peut-être, et aussi quelques passages érotiques très à la mode ! Un auteur sachant parfaitement dérouler son récit.
DJAVAHERY Javad « L’AYATOLLAH QUI AIMAIT SA FEMME PLUS QUE DIEU » Gallimard Mars 26, 417 p.
Au cours d’une discussion chaque membre de la famille évoque comment l’aïeule Da, fantasque et surdouée, sema le doute dans la foi de leur grand-père, ayatollah très pieux, jusqu’à s’en faire préférer à Dieu lui-même dans le secret de son coeur. Un récit où de nombreux destins individuels sont enchâssés dans l’histoire troublée du Moyen Orient au XX° siècle.
DJIAN Philippe « Dolores », Éditions Julliard, 10/25, 217 p.
Ce roman s’articule autour des « ravages d’une passion contrariée, d’un amour impossible ». Après le suicide de son père agriculteur, Greg, bientôt la trentaine, vit chez sa mère et passe son temps travaillant à la supérette et avec Dolores, qui semble apprécier sa compagnie. Or, autour de Dolores traîne toujours son ex, le prétentieux Marc-André. C’est un roman sur tous les rapports imaginables – rapports familiaux, amoureux et entre amis – qui au final pose la question qui est de savoir si Dolores aura les moyens de « s’affranchir de toutes les règles de la bonne société ». Car, tombée enceinte, on l‘oblige à épouser Marc-André… L’auteur a de l’esprit, et cela sauve l’ensemble. Mais cela reste un peu (beaucoup ?) lassant, toutes ces histoires de sentiments quand les personnages eux-mêmes ne sont pas sûrs de leurs propres sentiments…
DUGAIN Marc « Submersion » A. Michel, 3/2026, 271p.
J’éprouve une forme de fascination-répulsion pour le pouvoir et ceux qui l’exercent. Le rôle d’un chef d’Etat consiste à savoir où fixer la limite entre ce qui est acceptable ou pas pour préserver la démocratie » Très intéressante réflexion.
GESTERN Hélène « ATELIER 4 » Ed GRASSET. 02/26. 280 p.
Quand on annonce à Irène, la narratrice, Médecin généraliste à Fontainebleau, qu’on a retrouvé le corps sans vie de sa soeur adorée, Natacha, dans une cuve de papier où elle était chimiste, elle se refuse d’abord à le croire. Comment, en pleine nuit, se serait-elle aventurée dans cette zone sécurisée ? Décès accidentel ? Suicide ? La reconnaissance d’un accident du travail est-elle une façon de ne pas rechercher d’autres responsabilités. Natacha ne semblait pas dépressive mais avait-elle de bons rapports avec toute sa société, qui semble évasive dès qu’Irène s’acharne à trouver la vérité ? Vous ne le saurez que distillée par bribes à la fin d’un ouvrage brillant, que l’auteur mène d’une façon lente et sûre. Bravo à l’auteur.
MANOOK Ian « Minjung » Édition Flammarion. 477 p.
Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, est journaliste, écrivain. Il a 2 autres pseudonymes dont Roy Braverman. Ses premiers romans policiers formant une trilogie avec son héros Yeruldegger nous fait découvrir le monde de la Mongolie. Avec « l’oiseau bleu d’Erzeroum » il nous emmène dans le drame du génocide arménien. Son roman « Heimaey » se déroule en Islande, « Mato Grosso » au Brésil. Minjung nous fait découvrir l’immonde système mafieux de la Corée du Sud, pays du Matin Calme. 140.000 enfants coréens ont été vendus pour être adoptés entre 1955 et 1999. Avec l’aide de son héros, Gangnam, ancien minjung, Ian Manook décortique, comme un médecin légiste, le mille-feuilles de ces horreurs, abominables « restes » de l’époque de la dictature qui a suivi la fin de la guerre entre les 2 Corée. Un tout petit peu de poésie dans ce livre qui ne donne pas du tout envie d’aller vivre à Séoul.
MEURICE Guillaume « S’entendre » Les Arènes, mars 2026, 290 p.
Roxane a 20 ans. Elle cultive un dialogue intérieur avec sa solitude, vit en marge de la société, partage plus de non-dits que d’intimité avec son père, et garde une blessure ouverte depuis la mort de sa mère, biologiste marine, victime d’un accident de plongée alors qu’elle-même n’avait que 4 ans. Passionnée par un événement inattendu autant qu’incompréhensible – un groupe d’orques présumées « tueuses » attaque des bateaux au large de l’Espagne, elle se rend sur place avec ses dernières économies. Commence alors pour Roxane un parcours douloureux autant que libérateur, où se mêlent quête existentielle et enquête criminelle. Cette aventure la réveillera à la vie, à la parole et peut-être même à l’amour. Guillaume Meurice, humoriste souvent controversé et écologiste dans l’âme, signe ici un opus accusateur dans l’air du temps : mépris et méconnaissance du monde sauvage, incommunicabilité entre les êtres, responsabilité des médias… L’espoir d’un monde meilleur est sans doute entre les mains d’une jeune génération rebelle aux évidences, mais à l’écoute du langage de la nature. Un très beau titre, un beau sujet (et une belle couverture) pour ce roman à la lecture aisée, malgré quelques incohérences narratives et une héroïne perpétuellement au bord de l’effondrement. Il reste néanmoins une source de questionnement touchante qui devrait interpeller particulièrement les jeunes adultes.
PONTE Carène « IL FAUDRAIT LEUR DIRE » Editions du fleuve, Avril 26.
En 1995, à peine bacheliers ils se sont promis de se retrouver tous les cinq ans. 2025 : qu’est-ce que la vie a fait d’eux ? ont-ils réalisé leurs rêves ? leur amitié est-elle restée entière ?
RAHIMI Atiq « Kabuliwalla, c’est moi » P.O.L, 3/2026, 211p.
Rhawat, le héros de Kabuliwalla, c’est moi », nous dit l’auteur. Il a fui l’Afghanistan, où il a perdu sa fille de 2 ans et sa femme devenue folle. Il part pour Calcutta à la recherche de son enfant, dans cette ville qui voir revenir les morts. Il deviendra un humble marchant de fruits secs, au milieu des plus démunis. Etrange conte lumineux et mystérieux à la fois.
READ Shelley « Va où la rivière te porte », trad. de l’anglais (États-Unis) par Cécile Arnaud, Robert Laffont, 3/24, 361 p.
Nous sommes au Colorado en 1948 : à 17 ans, Victoria croise dans la rue un inconnu et tombe amoureuse. Le problème, c’est l’intolérance de ses concitoyens envers Wil car c’est un Indien. Dans son premier roman l’auteure décrit très bien la campagne, les conditions de vie dans une petite ville de province américaine. Elle se concentre sur la famille de Victoria, les Nash qui sont fiers propriétaires d’une plantation de pêchers. C’est aussi bien un roman sur la communion avec la nature qu’un roman d’apprentissage. Nous suivons Victoria et toutes les épreuves de sa vie. Elle nous apprend une certaine lenteur et surtout la sagesse. « Les jours passant, je me construisais une vie choisie, et c’était une vie agréable. Je savais ce qu’il y manquait, mais ça ne m’empêchait pas d’apprécier ce que j’avais.
RODOREDA Mercè « Rue des Camélias » Ed. Zulma, 2026, traduit du catalan par Edmond Raillard, 253p.
La nuit où elle a été abandonnée bébé, devant la grille d’une modeste maison de Barcelone, le cactus a fleuri. Sur un papier accroché à ses vêtements, un prénom maladroitement écrit : Cecilia. Destin d’une femme marquée par une insondable solitude, qui tentera de se faire une place dans la société et deviendra la proie d’hommes vénaux qui profiteront abondement d’elle. Douloureux destin.
RUFIN Jean-Christophe « La folie Sainte Hélène » (les aventures d’Aurel le consul). Calmann Levy. 255p.
Nous retrouvons, pour la septième fois ce personnage assez extravagant du consul Aurel Timescu, dans une aventure tout aussi extravagante qui se déroule dans cette ile minuscule, au large de l’Afrique du Sud, possession britannique assez hostile mais rendue célèbre par…Napoléon. Les sites où a vécu Napoléon sont des enclaves françaises, administrées par un consul. Or ce consul Hubert Bouise, a disparu ! Aurel est envoyé en urgence pour le remplacer et tâcher de le retrouver. il sera aidé par une jeune secrétaire, très dévouée à Hubert et sachant très bien faire parler l’ordinateur. L’ile est envahie par une faune d’aventuriers divers et variés, depuis les reconstitueurs, qui vivent comme des officiers de l’Empire -avec leurs grades, leurs uniformes, leurs armes-, des professeurs, une américaine qui essaie de communiquer avec l’au-delà, un russe qui a construit une énorme église, avec un seul fidèle, des collectionneurs, des trafiquants… les relations avec les anglais ne sont pas très chaleureuses, mais correctes…Mais qui pouvait avoir envie d’éliminer Hubert Bouise. ? Lecture agréable, suspense modéré, belles descriptions de la nature, originalité des personnages.
STEFANSSON Jon Kalman. « Corps célestes à la lisière du monde ». Traduit de l’islandais par Eric Boury. Édition Christian Bourgois. Mars 2026. 470 p.
Nous connaissons J.K. Stefansson par « entre ciel et terre », « ton absence n’est que ténèbres » ou « d’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds », tous des chefs-d’oeuvre. Avec son dernier roman, J.K. Stefansson nous emmène dans l’Islande du début du XVIIème siècle. Le révérend Petur, homme tourmenté, écrit une longue lettre à une destinataire mystérieuse. Avec des retours dans le passé, des moments du présent, des réflexions philosophiques, des références bibliques, voire chrétiennes, mais aussi poétiques, nous sommes plongés dans un événement tragique de l’histoire de l’Islande.
STEFANSSON Jon Kalman « Corps célestes à la lisière du monde » Attention chef-d’oeuvre ! Le pasteur Pétur est venu s’installer, en 1609, dans la paroisse de Meyjarholl à Brunjsandur au milieu des fjords islandais. Erudit, il a apporté avec lui ses livres, manuscrits et une énorme réserve de papier. Petur est célibataire. Dorothea sera sa servante. C’est une géante. Elle retient par coeur tout ce qu’on lui dit, se souvient de tout ce qu’elle a entendu, alors qu’elle est analphabète et illettrée. Elle dit à Petur Tu peux te servir des mots pour ralentir la course du temps. C’est d’ailleurs leur raison d’être. La vie est rude dans les fjords. Les enfants meurent jeunes.Le froid est si intense que les chevaux gêlent debout. Les maisons sont faites de tourbe et d’herbe. Les tempêtes sont si violentes que l’une d’elle a emporté l’église en bois avec le bedeau …Pour se réchauffer, les gens riches s’achètent des petits chiens de compagnie qu’ils glissent dans leurs vêtements. Et on peut se baigner dans les eaux chaudes des sources et y faire sa lessive. Il y a des Basques armés, bandits fanatiques. Et des Espagnols venus pêcher la baleine dans les estuaires. On coupe 1 ou 2 doigts comme punition, aux mercenaires qui pillent et violent. Les hommes ont bien du mal à résister à la beauté des femmes au port de tête si majestueux, surtout quand elles ne sont pas leurs épouses…Magnifique épopée.
SUREAU François. « LOIN DE SALONIQUE- Les aventures de Thomas MORE » GALLIMARD, janvier 2026, 150 pages.
1913 dans les BALKANS : le cadavre d’un éminent professeur de droit français est retrouvé dans le caveau d’un notable ; l’épouse d’un comptable est enlevée, puis retrouvée morte dans ce même caveau ; enfin le roi GEORGES de GRECE est assassiné. Quel est le lien qui relie ces meurtres ? C’est ce que Thomas MORE policier français détaché auprès du consul de MONASTIR devra résoudre. Etrange personnage que ce Thomas MORE, sans âge, discret, taiseux, qui se fond dans le paysage, parle plusieurs langues et semble avoir vécu plusieurs vies. Petit roman qui se lit vite, bien documenté historiquement, et c’est son seul point positif, car l’intrigue parfois embrouillée, laisse le lecteur perplexe et sur sa faim.
VAREILLE Marie « NOUS QUI AVONS CONNU SOLANGE » FLAMMARION, mars 2026, 420 p.
Nous sommes en CORREZE, CELESTINE, vielle dame de 107 ans va nous raconter son histoire, ainsi que celle de SOLANGE, JEANNE et MANON, quatre générations de femmes depuis la naissance de CELESTINE en 1917, jusqu’à MANON de nos jours. Sentant sa fin proche, CELESTINE se confie et avoue avoir tué de sang-froid. Son récit est par ailleurs émaillé de lettres que SOLANGE, recluse dans une école de redressement pour jeunes fille, adresse à une certaine JEANNE. Dès le début du roman MARIE VAREILLE nous tient en haleine et nous dirige vers de fausses pistes : Qui CELESTINE a-t-elle tué ? Qui est SOLANGE, pourquoi est-elle enfermée et pourquoi est-elle morte ? Enfin et qui est JEANNE à qui SOLANGE écrit des lettres passionnées (j’ai pour ma part fait plusieurs fois fausse route) A travers l’histoire de ces femmes, et du destin tragique et émouvant de SOLANGE, nous découvrons combien la vie était dure pour elles et combien il leur était difficile voire impossible d’exister en dehors d’un père ou d’un mari qui pouvait à tout moment les faire enfermer. Dans cette France profonde, une femme n’étudiait pas, ne créait pas, l’amour devait être discret, en aucun cas elle ne devait sortir des limites tracées par un père ou un mari qui d’ailleurs ne reculaient pas devant une bonne correction. J’ai beaucoup aimé ce livre qui tient en haleine du début à la fin.
VERJUS Bruno « La RECETTE » Albin Michel. 261 pages.
Bruno Verjus fut médecin (il n’a jamais pratiqué), entrepreneur en Chine, journaliste culinaire, et enfin, à 54 ans, chef cuisinier. Son restaurant « la Table » à Paris a été élu à la 3éme place des meilleurs restaurants du monde. C’est son 1er roman. Son livre est construit autour d’une quête : retrouver la recette oubliée de la tarte aux pralines roses. Pour cette quête, l’auteur a une héroïne, Miki, chinoise installée à Paris. Très belle écriture, poétique, imagée et en même temps solide et structurée. « La vie bascule souvent sur un simple parfum en bouche ». Ce livre est une merveilleuse promenade dans les cultures françaises et chinoises, une fenêtre ouverte sur la beauté, voire le sacré, à travers la cuisine et le bonheur qu’elle procure.