AZ Morgane « PREMIER CORPS » PLON mai 2026, 277 pages,
Une famille traditionnelle bourgeoise, un père médecin ,strict, voire intransigeant, une mère femme au foyer effacée, entièrement dévouée à sa famille ; deux filles : l’ainée, DIANE, intelligente, parfaite, qui suit les traces de son père, et la cadette YSEE, qui raconte son histoire, rebelle, qui n’a de cesse de vouloir sortir du carcan que sa famille lui impose ; et puis il y a MARTIN le premier et seul amour d’YSEE, le « premier corps ». A travers cette histoire, l’auteur évoque avec beaucoup de pudeur, l’amour et la rivalité entre deux soeurs que tout oppose. La difficulté d’être soi, dans une famille ou le qu’en dira-t-on passe avant tout et comment vivre sa vie en dehors du devoir et des traditions familiales. YSEE, avec courage choisira bien souvent la fuite et le silence, jusqu’à renoncer à son amour pour ne pas se renier.
BARBAGLIA Alessandro et BIALETTI Celestina « La romanesque histoire d’une cafetière nommée Moka », trad. de l’italien par Jean-Luc Defromont, Éditions Liana Levi, 5/26, 273 p
Un livre sur la marque Moka Express Bialetti. À travers la bouche de Tina Bialetti (née en 1945) le lecteur suit la vie de son père Alfonso – l’homme qui a inventé l’emblématique cafetière italienne – et celle de son frère, Renato, qui a su réaliser son ambition folle à la vendre dans le monde entier. C’est une histoire familiale racontée dans un style simple et bienveillant, l’écriture est lisse, l’ensemble spirituel.
BLOOM Léonie. « Le voyage de 1000 lieues » Editeur Harper Collins 05/2026. 576 pages.
Fleuriste à Paris, Colombe vient encore de se faire licencier. Pour s’éloigner d’une mère envahissante qui la dévalorise, elle part rejoindre une amie dans un éco-hameau en Bretagne. Un siècle plus tôt, Yvonne, une sardinière, participe aux grèves historiques de Penn Sardin. Après elle, sa fille Jeanne est résistante pendant la seconde guerre mondiale, puis sa petite fille Lucie grandit dans la France d’après-guerre. Les 2 histoires vont se rejoindre et Colombe va pouvoir se construire. Fresque historique et familiale qui alterne entre le présent et le passé. De beaux portraits de femmes à travers leurs destins on suit l’évolution de la condition féminine sur plus d’un siècle. L’écriture est fluide, agréable.
BURSZTEIN Rosa « LA PEUR AU VENTRE » GRASSET mai 2026, 261 pages,.
ROSA est humoriste et comédienne, son compagnon est comédien. En 2024, elle fait une première fausse couche, qui sera suivie d’une autre puis finalement en 2025, elle mettra au monde la petite STELLA. L’auteur évoque son parcours chaotique pour parvenir à mener à terme sa grossesse : peur, angoisse, centre de fertilité, ostéopathe, coach de vie, hypno thérapeute…elle évoque également sa relation fusionnelle avec sa mère, ses liens familiaux douloureux, elle s’interroge aussi sur sa judaïté et bien évidemment sur son métier atypique.
DEBRAY Régis/TESSON Sylvain « Le Grimpeur et le grognard » Gallimard/Equateurs, 4/26, 86p,
« J’ai trouvé que la jouissance d’une nuit de bivouac, seul, dans la forêt, valait mieux que la volonté de peser sur le destin de mes semblables. Je croyais à la poudre d’escampette. Vous, à la poudre à canon. » S.Tesson.
DE LUCA Erri / DE LA FRESSANGE Inès « L’Age expérimental » Gallimard, trad. de l’italien par Danièle VALIN, 5/2026 + photos,
Jamais une génération n’avait atteint un âge avancé en aussi grand nombre et dans un état aussi actif, constate Erri de Luca. La vieillesse devient un territoire inédit, un âge encore largement à inventer, qui ne se réduit pas à un temps de repli ou de contemplation nostalgique. Elle ouvre au contraire un espace de découverte. Le contrepoint d’Inès de la Fressange, sensible et amical, vient enrichir cette réflexion d’une dimension nouvelle. L’écrivain italien et l’icône parisienne s’entendent si bien qu’ils ont écrit ensemble un livre profond et joyeux sur l’art de vieillir ! Passionnant.
LE NORMAND Véronique. « Femme oiseau étoile ». Actes Sud. 211 pages. 21€. Mai 2026. Lecteur Céline DOBBELS. Véronique Le Normand fut journaliste pendant 20 ans (Marie-Claire) avant de se consacrer à l’écriture. Le sous-titre de ce livre est « le roman d’Hilma ». Hilma, dont le prénom signifie « celle qui règne au ciel et sur la terre », c’est Hilma Af Klint, peintre suédoise née en 1862, décédée en 1944. L’auteure nous raconte Hilma à la 1ére personne. Elle devient l’héroïne de sa biographie romancée. Hilma de famille aristocrate et cultivée choisit sa vie d’artiste : « j’avais dit oui à une vie dédiée à la création artistique « . Elle découvre, car
à la fin du XIXème siècle c’est tout à fait dans l’air du temps, le monde ésotérique, médiumnique et l’anthroposophie, mouvement spirituel qui conduit du spirituel dans l’être humain au spirituel dans l’univers. Et ainsi, de peintre paysager elle glisse vers l’abstraction avec un motif principal : la spirale, le plus grand mystère que l’on puisse ressentir. Personnages très attachants. Belle découverte.
LEVI Allen « THEO ». J.C. Lattès. Traduit de l’américain par Sophie Aslanides. 450 pages.
Allen Levi, ancien avocat de 70 ans, vit en Géorgie (USA). C’est son 1er roman. Je ne dirai rien de plus que ce livre est dédié à l’amour. L’amour du prochain, l’amour qui transporte les montagnes, l’amour qui transcende, l’amour qui rend meilleur. On pense un peu à l’Alchimiste de Paulo Coelho.
MAYNARD Joyce « L’influenceuse ». Ed Philippe Rey. 05/2026. Traduit de l’américain par Laurence Richard. 170 pages.
Nous sommes nombreux à apprécier les romans de Joyce Maynard, comme son avant-dernier l’Hôtel des oiseaux. Avec l’Influenceuse, Joyce Maynard Nous entraîne dans un fait divers américain de 2021 : l’assassinat d’une jeune femme par son fiancé lors d’un road trip à travers les parcs nationaux américains dans le but, sur les réseaux sociaux, de montrer par des vidéos, l’intérêt de vivre et se nourrir sainement. Et en récoltant de nombreux followers, on obtient gloire et fortune. Nous savons donc dès le départ que Kevin a tué Tammy. Mais pourquoi ? Joyce Maynard adopte une forme chorale, par chapitres courts, efficaces, chacun des protagonistes donne sa vision du couple et des faits. Qui est le plus pervers ? C’est en lisant ce roman-thriller que vous vous ferez votre opinion.
MILLER Marceau « L’homme après Marceau Miller », Éditions de La Martinière, 3/26, 331 p.,
Le précédent roman (« Le roman de Marceau Miller », paru en janvier 2025, analysé pour le cercle de lecture du 1er avril 2025) se concentrait sur l’écrivain célèbre Marceau Miller, mort en 2021, et ce nouveau roman parle de Raphaël, son ami, confident et premier lecteur. C’est aussi un jeune père en deuil après la noyade de son fils de 7 ans. L’action est toujours placée autour du lac Léman, avec l’idée de la nature comme refuge, même si cette fois aussi la montagne prendra encore une victime. Encore une fois, il y aura un manuscrit caché et des secrets à déterrer. Le lecteur ne pourra qu’admirer l’obstination de Raphaël à vouloir boucler son enquête quoi qu’il en coûte. L’ensemble est assez prenant, dénouement inattendu.
MONTEMURRO Silvia « Le secret de la Villa Carlotta », trad. de l’italien par Delphine Gachet, Éditions du Seuil – Verso, 5/26, 360 p
Nièce du roi de Prusse, Carlotta se retrouve avec sa mère et sa soeur en villégiature sur le lac de Côme. Elle doit y faire ses débuts pour trouver un bon mari. Le cadre est reposant mais la villa semble hantée, Carlotta y vivra des choses bizarres. Heureusement, il y a sa grand-mère qui veille sur elle. Mais le rapport avec sa soeur et leur mère connaîtra des moments de crise… Qui dit grandes épreuves, dit grand amour – et l’amour, en effet, viendra récompenser la jeune femme. Et Carlotta, c’est une jeune femme à qui pèsent les bals masqués et autres événements mondains, elle est sensible et réfléchie. Or, elle sera attirée par Giorgio, un duc ténébreux qui semble avoir des choses à cacher… Romance historique. Lecture idéale pour l’été.
NOMENI Erika « Le Prix » Ed. Hors d’atteinte, Marseille, 2026, 18€, 194p
Pauvre, femme noire et lesbienne, Hélène a vécu une ascension lente et douloureuse. Autrice, rapeuse et DJ, elle est née au Cameroun et vit en France depuis 2001. A publié l’Amour de nous-mêmes, nommé au Prix Maryse Condé et aux Out d’or. Etrange petit livre. Elle se pose la question : « Suis-je sortie de la plantation ? Je me suis affranchie, j’ai acheté ma liberté mais cette liberté est poreuse » Elle tremble chaque fois qu’un des siens est enchaîné. Elle est nommée aux Oscars pour l’adaptation au cinéma de son 1er roman.
PATCHETT Ann. « La sainte patronne des menteuses ». Actes Sud. Traduit de l’américain par Hélène Frappat. 471 pages.
Roman à 3 voix : Rose, Son et Cécilia. Rose vit en Californie avec ses parents où elle profite d’une vie très agréable. Elle épouse Thomas, jeune prof de maths. Elle est enceinte. La vie semble belle. Mais aux yeux de Rose, elle ne l’est pas. Alors, elle laisse un mot sur la table, prend la voiture du couple, fuit et atterrit dans le Kentucky, à Sainte Élisabeth, refuge pour les jeunes femmes enceintes contre leur gré et géré par des religieuses. Elle se crée une autre vie. Mais peut-on vivre sans que le passé ne vous rattrape ? Ann Patchett nous avait régalés avec La maison des Hollandais, son 1er livre traduit en français. Ce roman est le 1er qu’elle a écrit. Son écriture structurée, claire est déjà présente. Tous les personnages sont attachants même la menteuse ! Pour
ROEMMERS, A.G. – « LE MYSTERE DU DERNIER STRADIVARIUS » Ed METAILLE- 317 P
. En 1737, le prodigieux luthier italien Antonio STRADIVARIO, signe de son sang son dernier violon, lui souhaitant un prodigieux destin. Nous essaierons de suivre la trace du chef d’oeuvre mais malheureusement impossible de s’intéresser à la suite …Trop romanesque, trop de longueurs …
SOULIE François-Henry. « Que la fête s’achève ». Editions Michel LAFON, 05/2026. 400 pages
Dans un Paris assiégé par les prussiens en cet hiver 1870, la population subit le froid, la faim, et les bombardements. Plusieurs destins que tout oppose vont se croiser : un jeune déserteur prussien Konrad à la recherche de Gustave Courbet, Alma d’Orchis une célèbre courtisane qui veut changer de vie, Félicien un vieil horticulteur et sa concierge Hortense. Chacun cherche à survivre en cette fin du second empire. Roman captivant, riche en émotions et en rebondissements pour les amateurs d’histoire. L’auteur montre la fin d’une époque en mêlant des faits historiques à des histoires humaines.
WAMBUGU, Stéphanie- – « INSEPARABLES » Ed Albin Michel- 04/06 – 373 P – 22,90 € – Lecteur Annette FAVIER. PROVIDENCE- Etat de Rhode Island – A la rentrée des classes, MARIA et RUTH se rencontrent, noires toutes les deux et d’origine modeste. RUTH est fascinée par cette nouvelle amie, élevée par une tante fantasque, sans ses parents. MARIA est aussi insolente et imprévisible que RUTH est sage. Celle-ci voyant son amie livrée à elle-même lui ouvre son foyer, ses parents la choyant même. Mais il faut songer à rentrer à l’université, et ensuite au monde du travail. Le lien entre elles se relâchent, l’ambition met leur amitié à rude épreuve, admiration et jalousie s’insinuent au fil du destin, jusqu’à l’ultime face à face…Qu’est-ce que réussir sa vie, atteindre son idéal, tout en assumant ses passions ? Voilà ce que l’auteur aborde avec une grande finesse avec un réel talent, un style agréable et traduction de même. À recommander malgré son épaisseur, ce premier roman vous tient en haleine de bout en bout !!